L’homme n’est pas dans le monde, mais il est au monde » Martin Heidegger.



"Etre dans le monde" est à la fois temporel et spatial, il fait
naturellement partie de cet espace.

Il appartient à un monde qui n’est pas simplement la terre originelle,
mais aussi un monde exploité et aménagé par et pour l'homme. On
naît, on vit dans ce monde. Ce n’est donc plus un espace naturel,
c’est un monde rempli d’intentions catégorielles et existentielles liées
à la vie humaine.
C’est à l’occasion de « l’exposition DIFORM » que les illustrations D’EGLUSHA font
directement écho au site industriel de la Cartoucherie de Toulouse.
A partir de photographies prises lors de divers voyages, elle s’inspire d’espaces
architecturaux pour créer ses illustrations. Ses travaux représentent des fragments de
vie, des icônes hybrides, des îles abandonnées sur fond couleur pastel. Le travail
d’EGLUSHA invite à une réinterprétation introspective qui introduit la pensée collective.
Un sujet au coeur de l’actualité et de la condition humaine: le devenir de la planète, le
devenir de l’homme...
Cette série d’édifices, dont la construction faite d’os humains, montre une intention de
rapprocher la thématique du corps de l’espace et du temps.
Le corps est l’outil, le ciment, la matière première de ces bâtisses. Il est en osmose
avec l’architecture elle-même, mais aussi en conflit avec son milieu. La position de
l’homme, face à l’espace, l’espace en référence directe avec la Nature.
C’est donc une perpétuelle confrontation entre l’homme et la Nature. L’homme élément
de la Nature, création de la Nature, tente, siècle après siècle, d’égaler sa force.
L’homme se cherche, s’interroge sur sa place. Il est, comme les « romantiques »
l’avaient exprimé à la fin du XVIII siècle, victime de sa propre condition, la condition
humaine, celle d’un devenir fatal. Il viserait donc l’impossible pour vivre et survivre.
L’architecture se place au coeur des savoirs de l’homme, elle se place au coeur même
de la condition terrestre de l’homme.

Elle marque le témoignage direct du passage de l’homme sur terre. Serait-elle une
solution pour immortaliser les vivants?
Les bâtisses d’Eglusha, ‘BATIMENTS HUMANISES’, marquent cette interrogation. Elles
renvoient également à la rêverie, à un lieu utopique, une ambivalence certaine qui fait
directement ressortir la nature de l’homme, en ce qu’elle a de plus bestial ou au
contraire de plus humain.                 

 

Eva Reisser                                                                           

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